Submission ID 131609
| Issue/Objective | Au Burkina Faso, la crise sécuritaire exacerbe des vulnérabilités sociales préexistantes et compromet l'accès à la planification familiale. Pourtant, ses effets sont le plus souvent analysés de manière globale, sans prendre suffisamment en compte les rapports sociaux qui façonnent différemment l'expérience des femmes. Cette étude examine comment l'exposition à l'insécurité armée interagit avec certaines positions sociales pour influencer les besoins non satisfaits en planification familiale (BNSPF), dans une perspective d'équité en santé mondiale. Elle s'arrime à l'axe : priorisation des voix marginalisées de la présente conférence. |
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| Methodology/Approach | Les données proviennent de l'Enquête Démographique et de Santé du Burkina Faso réalisée en 2021 (n = 12 868 femmes de 15-49ans), appariées aux attaques géoréférencées de la base ACLED. Des modèles logistiques multiniveaux pondérés avec interactions ont été estimés. Des analyses de sensibilité ont aussi été menées selon l'intensité et la gravité des attaques. L'analyse s'appuie sur une approche intersectionnelle intégrant le milieu de résidence, la parité, le niveau d'éducation, le quintile de richesse et l'autonomie décisionnelle en matière contraceptive. |
| Results | Aucune association directe statistiquement significative n'a été observée entre l'exposition aux attaques armées et les BNSPF. En revanche, une interaction significative apparait entre milieu de résidence et parité (OR = 1,10 ; IC95 % 1,03-1,18) : les probabilités prédites de BNSPF augmentent avec la parité tandis que l'écart urbain-rural se creuse à mesure que le nombre d'enfants augmente, avec une inversion des tendances à partir du troisième enfant. Chaque enfant supplémentaire est associé à une hausse des BNSPF de 1,45 point de pourcentage en milieu rural, contre 2,63 points en milieu urbain. Les dynamiques conjugales sont aussi déterminantes : les BNSPF sont plus faibles lorsque la décision contraceptive est prise conjointement (13 %) que lorsqu'elle est dominée par le partenaire (17 %) ou par un tiers (20 %). |
| Discussion/Conclusion | Ces résultats montrent que, dans un contexte fragile d'insécurité, l'équité ne peut être envisagée sans une lecture intersectionnelle des vulnérabilités. Les femmes cumulant marginalisation reproductive, urbaine et décisionnelle semblent les plus exposées. Les politiques devraient donc renforcer la continuité des services, soutenir l'autonomie décisionnelle des femmes et promouvoir des réponses contextuelles portées par les communautés. |
| Presenters and Affiliations | Cheick Oumar Tiendrebeogo Université de Montreal Federica Fregonese Université de Montreal Thomas Druetz Université de Montreal |