| Issue/Objective |
La plupart des populations d'Afrique de l'Ouest et du Centre sont très jeunes, mais les informations et services adaptés à leur santé sexuelle et reproductive (SDSR) restent insuffisants. Les adolescentes non scolarisées sont particulièrement exposées aux grossesses précoces et aux avortements non sécurisés. Le projet régional « Ado Avance Ensemble » (AAE) visait à combler ces lacunes en autonomisant les jeunes (10-19 ans), surtout les filles vulnérables, pour qu'ils exercent pleinement leurs droits SDSR dans des sociétés plus à l'écoute de leurs besoins. Cette initiative UE (2022-2025) mise en œuvre par un consortium (IPAS, DKT, Rutgers et associations de planning familial nationales) s'inscrit dans le sous-thème de l'équité en santé, axé sur des réponses communautaires inclusives et l'émancipation des voix marginalisées. |
| Methodology/Approach |
AAE a combiné des stratégies multiples : formation de pair-éducateurs (jeunes leaders communautaires), dialogues avec leaders locaux et familles, interventions numériques (chatbots, influenceurs SR) et renforcement de compétences des prestataires de santé en services adaptés. L'évaluation finale du programme a adopté une approche mixte (enquêtes quantitatives auprès des adolescents, entretiens et groupes de discussion locaux et régionaux), assurant l'inclusion des jeunes et une perspective transformatrice du genre. |
| Results |
À ce jour, l'AAE a touché plus de 7 millions de jeunes via plus de 6 000 pair-éducateurs formés. L'éducation par les pairs a été un levier majeur : ces jeunes leaders ont diffusé l'information SDSR et renforcé la confiance des adolescents. De nombreux témoignages révèlent une augmentation de l'autonomie des jeunes dans les décisions liées à la contraception et à la santé reproductive, et une capacité accrue à contester les normes de genre néfastes. L'offre de services a été améliorée : plus de 26 000 prestataires (publics/privés) ont été formés pour offrir des soins adaptés aux adolescents. Au niveau communautaire, l'AAE a soutenu l'intégration de l'éducation à la sexualité dans les écoles et a impliqué les chefs religieux et traditionnels, contribuant à assouplir les tabous et à renforcer l'appropriation locale. L'évaluation note que les comités jeunesse et dialogues communautaires ont créé des espaces nouveaux de participation des jeunes. |
| Discussion/Conclusion |
Les enseignements d'AAE confirment que placer les jeunes (et particulièrement les filles) au centre des interventions via des pair-éducateurs et un plaidoyer local renforce l'équité et la résilience des systèmes de santé communautaires. En liant explicitement égalité de genre et autonomisation juvénile, le projet a promu l'émergence de jeunes « ambassadeurs » de changement dans leur communauté. Ces résultats illustrent comment des approches contextualisées et inclusives (engagement communautaire, éducation transformatrice) peuvent être étendues à grande échelle. En reliant ces conclusions au thème de la conférence, on insiste sur la nécessité de soutenir le leadership des jeunes (notamment féminin) dans les politiques de santé primaire et de crise. Cela passe par l'adoption de stratégies similaires (pairs-éducateurs formés en leadership, gouvernance locale participative, communication adaptée) pour pérenniser l'impact et favoriser des systèmes et communautés plus équitables. |
| Presenters and Affiliations |
Guy Martial Mendo ZE CAMNAFAW (CAMEROON NATIONAL ASSOCATION FOR FAMILY WELFARE) |