| Issue/Objective |
La stigmatisation demeure un obstacle majeur à l'accès équitable aux soins pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Longtemps associée à des comportements "à risque" et perçue comme incurable, l'infection par le VIH suscite encore peur, préjugés et jugements moraux, y compris chez les professionnels de santé. Cette stigmatisation influence la divulgation du statut sérologique et compromet la qualité, la continuité et la sécurité des soins. Comprendre les déterminants de la stigmatisation en milieu hospitalier est essentiel pour renforcer l'inclusion, améliorer l'observance thérapeutique et promouvoir l'équité en santé, même dans des contextes fragiles. |
| Methodology/Approach |
Une étude transversale a été conduite du 10 novembre au 10 décembre 2025 auprès de 78 professionnels de santé (médecins, internes et infirmiers) du CHU Yalgado Ouédraogo. L'âge moyen était de 26,4 ans (±3,1), avec 41 % de femmes. Les données collectées incluaient catégorie professionnelle, expérience et formation relative au VIH. La stigmatisation a été mesurée via un score composite basé sur sept items d'une échelle de Likert (1-5). Des analyses descriptives et analytiques (tests t, ANOVA, corrélations et régressions) ont exploré les associations entre le score de stigmatisation et les facteurs sociodémographiques et professionnels. |
| Results |
Le score moyen de stigmatisation était de 18,05 ± 8,89 (0-34), indiquant un niveau modéré. Les causes principales rapportées étaient le manque de formation (63,8 %), la peur du VIH (63,8 %), les attitudes personnelles (39,4 %), la charge de travail/stress (14,9 %) et les croyances religieuses (12,8 %). Aucune association statistiquement significative n'a été observée avec le sexe, l'âge, la profession ou la formation préalable (p > 0,1), suggérant que la stigmatisation est davantage liée à des facteurs institutionnels et structurels, tels que la culture organisationnelle, l'absence de politiques de non-discrimination et le manque de ressources pour garantir la confidentialité et la sécurité des patients. |
| Discussion/Conclusion |
Même modérée, la stigmatisation des PVVIH constitue un obstacle majeur à l'équité en santé et à la qualité des soins. Ces résultats soulignent l'importance de renforcer la formation continue, d'intégrer des modules sur l'éthique et la non-discrimination, et de mettre en œuvre des politiques institutionnelles systématiques. Une approche multisectorielle, impliquant décideurs, professionnels de santé et patients, est essentielle pour réduire la stigmatisation, améliorer l'observance thérapeutique et promouvoir un accès équitable aux services de santé, même dans des contextes organisationnels et socioculturels complexes. Cette étude illustre comment des interventions ciblées au niveau institutionnel peuvent favoriser l'équité et la résilience des systèmes de santé dans un monde fragmenté et incertain. |
| Presenters and Affiliations |
Abdoul Ismaël Zongo Université Joseph ki zerbo |